Metz

A Metz, la Maison Heler matérialise un conte de Philippe Stark

Ouvert à Metz début avril, l’Hôtel Stark » se faisait attendre depuis une décennie. Géré par le groupe Hilton, l’établissement de neuf étages surplombé d’une réplique d’une maison messine se présente comme une œuvre hôtelière poétique et fantastique.

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Copyright Julius Hirtzberger / Maison Heler.

Les clients de la Maison Heler, un quatre étoiles ouvert début mars au cœur du quartier de l’Amphithéâtre de Metz, sont invités à entrer dans un conte. La star du design Philippe Stark  a conçu chaque élément de cet hôtel Hilton en l’intégrant dans  « la vie minutieuse de Manfred Heller », son roman fantastique publié en février dernier aux éditions Allary. Dans une maison messine des années 1920 – celle-là même qui surplomble la tour au neuvième étage -,  le jeune homme solitaire tente de donner corps à ses rêves en inventant des objets bizarres dont le marteau en cristal, la hache à deux bouts ou le rocking-chair inversé.

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Mélissa Fajgeles, Sales Manager à la Maison Heller.Copyright Pascale Braun.

« Cet hôtel est une œuvre d’art. Il faut prendre le temps de le comprendre. Les membres de séminaires ou les invités à des événements auront droit à une visite guidée », indique Mélissa Fajgeles, Sales Manager à la Maison Heller.

Une étrange ambiance

Les « inventions » de Manfred Heler constituent le socle de la collection de l’hôtel, à l’instar de l’avion de bois suspendu au plafond du bar-brasserie. Situé au rez-de-chaussée, l’établissement dénommé « Le café de Rose », en référence à l’évanescente amoureuse de Manfred Heller, est jalonné de statues figurant un poisson et un rat juchés sur un hérisson, un crâne de cheval sculpté ou une collection d’oiseaux empaillés. L’ambiance pesante de l’entre-deux Guerres est renforcée par les images d’inventions n’ayant jamais vu le jour. Extraites des Archives nationales et du CNRS (Centre national de la recherche scientifique), des photos de masques à gaz pour cheval ou des lunettes à vision nocturne s’alignent au long des couloirs.

Au neuvième étage, la décoration de la deuxième brasserie compose, avec un bocal de formol contenant un serpent, des photos de famille du héros imaginaires et un des abat-jours ocre.

Les spectaculaires vitraux d’Aria Stark, fille du designer, rappellent l’art verrier dont la cathédrale de Metz constitue un symbole. 

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Les spectaculaires vitraux d’Aria Stark, fille du designer, Copyright Julius Hirtzberger.

L'alphabet selon Stark

La Maison Heler permet à Metz d’intégrer le réseau des « Curio Collection by Hilton », constitué de 150 établissements sélectionnés pour leur caractère unique et situés dans les destinations « les plus recherchées du monde », indique la communication de l’établissement. Les chambres, également conçues par Philippe Stark jusqu’au moindre détail, marient plafonds en béton brut, éviers en marbre blanc et tapis épais. Jalonné des lettres d’un alphabet composé par le designer, l’hôtel tout entier constitue un jeu de piste dont les enfants peuvent découvrir les clés. Les premiers prix, correspondant à une chambre de 25 mètres carrés, est accessible à partir de 170 euros, contre 300 euros au moins pour une suite. L’établissement, qui postule d’ores et déjà au label « Clé verte », propose des produits locaux au petit-déjeuner et des cocktails régionaux à base de rhubarbe, de quetsche ou de pêche blanche.

Investissement mystère

Annoncé dès 2015, le « projet Stark » devait initialement comporter 12 étages et s’imposer comme le premier immeuble de grande hauteur de la ville lors d’une ouverture alors prévue en 2018.  La crise sanitaire, la flambée des prix de l’énergie, et les aléas de chantier ont diminué la taille de l’établissement, mais pas forcément son coût.

L’investissement, initialement annoncé à 20 millions d’euros, était porté par un groupe d’investisseurs locaux regroupé autour du promoteur et notaire messin Yvon Gérard. L’homme d’affaires n’a plus donné signe de vie depuis le 17 août 2022. Cette disparition toujours inexpliquée n’a pas disloqué le consortium d’actionnaires réunis au sein de la SAS Divodurum, dont l’identité n’est pas révélée. De même, l’investissement réel mobilisé pour la construction de la maison Heler n’est pas communiqué.

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Copyright Julius Hirtzberger - Maison Heler.

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