Habitez-vous à côté d’une frontière ?
Posée à 1.900 Lorrains voici quatre ans, cette question a suscité des réponses différentes, même lorsqu’elles émanaient de répondants vivant au même endroit. Mathias Boquet et Nicolas Dorkel, tous deux chercheurs à l’Université de Lorraine, y voient l’occasion d’explorer la profondeur des marges frontalières.

Aux premiers jours du confinement, en 2020, Mathias Boquet, maître de conférences à l’Université de Lorraine, et Nicolas Dorkel, ingénieur en sciences de l’information géographique, ont lancé une enquête sur les modes de consommation et de déplacement fortement perturbés par la crise sanitaire. La question « Habitez-vous à côté d’une frontière ?» n’avait pas d’autre objet que d’ouvrir ou de fermer l’entrée à d’autres questions plus spécifiques. Mais les réponses apportées par les répondants, dont le code postal était indiqué, comportaient de passionnantes bizarreries. Si dans certaines communes immédiatement frontalières, 90 % - mais pas 100 % - des personnes consultées ont répondu par l’affirmative, cette perception se diluant au fil des kilomètres. Ainsi, seuls 10 % des Nancéiens ont estimé vivre près d’une frontière. A Metz, les réponses affirmatives et négatives ont fait jeu égal, sans que l’on sache à quelle frontière se sont référés les habitants s’estimant frontaliers.
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