Luxembourg

Le Luxembourg reste le champion du monde de la gratuité des transports

Voici cinq ans, le Grand-Duché instaurait la gratuité de ses bus, de ses trains et de son tram. La mesure, qu’aucun pays n’a repris de manière aussi inconditionnelle, a rendu les transports publics plus attractifs… sans pour autant faire reculer la place de l’automobile, qui demeure largement prépondérante.

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© GilPe, CC BY-SA 4.0.

Pour une offre aussi populaire, il était difficile de tomber à un plus mauvais moment. Promise en janvier 2019 par François Bausch, alors ministre écologiste de la Défense, de la Mobilité et de la Sécurité intérieure du Grand-Duché, la gratuité des transports publics est entrée en application le 1er mars 2020, deux semaines avant la crise sanitaire qui allait les paralyser, puis gripper leur redémarrage.

« Cerise sociale »

Mais une fois surmontée la crise du Covid, résidents luxembourgeois, travailleurs frontaliers, touristes ou voyageurs se rendant à l’aéroport du Findel ont apprécié la liberté de circuler sans titre de transport dans les bus, les trains et le tramway, d’autant que le réseau n’a cessé de s’enrichir.

"L’introduction de la gratuité du transport public est une mesure sociale importante, l’on peut dire la cerise sociale sur le gâteau d’une stratégie globale pour une offensive multimodale", expliquait François Bausch, ancien cheminot resté ministre jusqu’en novembre 2023.

Cette offensive s’est traduite par la Stratégie pour la mobilité durable (Modu), qui a mobilisé 2 milliards d’euros en dix ans pour déployer de nouvelles infrastructures de transport.

Le tram quintuple sa fréquentation

La "cerise sociale"  déposée sur un réseau de transports publics élargi et renforcé aura porté ses fruits : en cinq ans, la fréquentation du tram a quintuplé, passant de 6,2 millions à 31,7 millions d’usagers entre 2019 et 2024. Durant la même période, la fréquentation du réseau ferroviaire est passée de 25 à 31.3 millions de passagers tandis que celle des bus a gagné 20.000 voyageurs par jour pour atteindre 145.000 navetteurs quotidiens.

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Yuriko Backes, ministre de la Mobilité et des Travaux publics. Copyright MNM.

« Cinq ans après son lancement, la gratuité des transports publics a prouvé qu’elle était bien plus qu’un symbole : c’est une mesure concrète qui améliore la qualité de vie des habitants, elle est un facteur d’attractivité et renforce notre engagement en faveur d’une mobilité durable et inclusive », assure Yuriko Backes, ministre de la Mobilité et des Travaux publics dans un communiqué.

La voiture reste en tête

L’étude « La dépendance automobile persiste pour les déplacements domicile travail », publiée par l’institut statistique luxembourgeois Statec le 11 mars dernier, tempère quelque peu ce succès. Entre 2011 et 2021, l’usage de la voiture n’a reculé que de 3 %.

En dépit de la gratuité des transports, 67 % des Luxembourgeois continuent à utiliser leur voiture pour se rendre au travail. Ce taux a reculé de 17 % dans la capitale, où la circulation automobile est descendue à 38 %, soit un chiffre analogue à celui de Paris. Mais 50 % d’entre eux reprennent le volant lorsque la distance à franchir atteint cinq kilomètres, et cette proportion monte à 80 % dès que la distance dépasse dix kilomètres.

40 % de trajets supplémentaires

Le nouveau Plan national de mobilité PNM 35, qui se propose d’anticiper les besoins qui s'avèreront  au cours des dix prochaines années, n’envisage plus le recul de l’automobile, table sur une progression de 40 % des trajets. Le scénario prévoit une augmentation de 6 % des déplacements en voiture, contre une augmentation de 90 % du nombre de passagers dans les transports en commun. La ligne 1 du tram, qui relie depuis début mars le quartier de la Cloche d’Or à l’aéroport du Findel, s’allongera de 2 à 3 km par an durant cette période. Une nouvelle ligne de tram rapide doublera la ligne de chemin de fer entre Luxembourg-Ville et Esch-sur-Alzette, deuxième ville du pays située à 20 kilomètres au sud.

Nul n’ayant souhaité la remettre en cause, la gratuité des transports publics accompagnera ce nouvel élan. En la matière, le Luxembourg fait la course en tête. En France, Dunkerque, Aubagne et Niort ont instauré des bus gratuits. L’Estonie et Malte limitent la gratuité à leurs résidents. Mais le Luxembourg reste le seul pays à proposer gratuitement tous ses transports publics à tous les passagers – à l’exception des irréductibles qui peuvent encore choisir de payer leur place de train en première classe.

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